Le cabinet est ordinaire : deux salles, une salle d'attente, un chat de compagnie qui dort sur le comptoir. Le vendredi, il devient autre chose. Ce jour-là, les cages accueillent des buses, des faucons et, deux fois cette année, un hibou grand-duc.
Les oiseaux arrivent par le centre de sauvegarde installé à quinze kilomètres, qui ne dispose pas de bloc opératoire. Les fractures d'aile représentent l'essentiel des interventions ; le taux de relâcher tourne autour de six sur dix.
« On ne soigne pas un rapace comme un chien : il ne coopère jamais, et le stress tue plus souvent que la blessure », résume-t-elle en préparant une contention.